Il y a des chanteurs révoltés, émus par l’expérience des gens qu’ils ont croisés et d’autres, plus rares, qui savent exactement de quoi ils parlent. Atallah Nehme est de ceux-là. Véritable brulot, ce premier album sonne comme un bilan entre colères et coup de blues qui se dévoilent sous la plume franche et désinvolte de l’artiste.

 

Atallah Nehme est né dans les faubourgs de Beyrouth quelques mois avant le début de la guerre civile.

  

Fuyant le conflit, sa famille migre et s’installe à Paris. Quelques années plus tard, déracinée, elle sera séduite par les Témoins de Jéhovah entrainant Atallah, encore enfant, dans un monde sectaire aux règles strictes et opprimantes. C’est alors le début d’une passion pour la musique et l’écriture, un exutoire. Atallah découvre Brel, Noir Désir, Bashung, et à quatorze ans, il commence des cours de guitare au conservatoire du 13ème arrondissement de Paris.

 

A dix-sept ans, au lycée professionnel Barrault de Paris, un professeur de technologie mal avisé lui dit : « Cette année c’est l’année du B.E.P., alors la guitare au placard... ». Pour Atallah le choix est fait, c’est la guitare. Ce sera son dernier jour d’écoule et bientôt son dernier jour en tant que Témoin de Jéhovah. Alors, c’est le début de l’errance dans un Paris sombre, violent, moche et le début de l’alcool. Atallah découvre Miossec, Mano Solo... puis viennent ses premiers textes, ses premières compositions. Ils sont incisifs ; il y crache ses colères, ses rancœurs et son mépris de la vie. Il se produit très régulièrement dans les bars parisiens, cafés-concerts, péniches, caves musicales... Pour lui, c’est bien plus que des concerts, c’est le sentiment, pour la première fois de sa vie d’être « chez lui ».

 

En 1999, il est résidence à l’espace Confluence pendant un an où il se produit chaque semaine lors des « lundis de la chanson ». Trois ans plus tard il forme le groupe Néo, puis, en 2006 décide de continuer sous son propre nom. Il se produit sur les scènes parisiennes (Le Zèbre de Belleville, le Divan du Monde, le Gibus, le Sentier des Halles...), à l’occasion de festivals nationaux (la fête de l’Humanité, festival des Voix Libres, festival Vincennes Off...) ou internationaux comme le festival Métissons au Sénégal.

« Un pied dans la chanson française, une autre dans le rock, Atallah écrit et compose sur les bonnes ou mauvaises choses qui l’ont construit. Errances nocturnes, déceptions amoureuses … Face au public Atallah explose ! »

Vincennes Info n° 678

 

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